Le Laboratoire Autonomie Communication

Service transversal localisé sur le Site de la Vallée de la Dordogne à La Force (24130)

L’objectif du Labo Auto Com est d’apporter des démarches et outils favorisant :

  • la communication
  • l’autonomie
  • les apprentissages
  • la santé

des personnes accueillies à la Fondation John BOST. Cela se décline en différentes missions, indiquées plus bas.

 

L’équipe du Laboratoire

Anaïs Giacinti, responsable du labo, est ingénieure de formation, titulaire d’un doctorat de neurosciences, et a structuré pendant plusieurs années une démarche d’innovation en santé mettant en relation besoins médicaux, travaux de recherche de laboratoires et entreprises de secteurs des nouvelles technologies afin de monter des projets innovants.

 

Pierre Cornaggia est éducateur spécialisé de formation, et s’est orienté vers le champ de l’autisme en exerçant pendant plus de 10 ans dans un service spécialisé pour enfants, adolescents et jeunes adultes présentant des troubles du spectre de l’autisme (TSA), en se formant ainsi aux outils, méthodes et approches développementales.

 

Lionel Baruthel est éducateur spécialisé de formation, et a coordonné pendant plus de 10 ans un atelier de communication au sein de la Fondation John BOST avec des personnes polyhandicapées. Il s’est ainsi orienté vers la communication alternative et améliorée (CAA) à l’aide d’outils technologiques (ex. synthèse vocale) ou de supports visuels (ex. cahier de pictogrammes).

 

Les débuts du Laboratoire

Arrivés début avril 2018, nous avons commencé par un premier focus Troubles du Spectre de l’Autisme (TSA) et polyhandicap d’abord sur le Site de la Vallée de la Dordogne. Nous avons rencontré les staffs des établissements concernés puis passé du temps « en immersion » au sein de ceux-ci. Cela nous a permis de réaliser un premier état des lieux des ressources (existant à valoriser et partager au sein de l’ensemble de la Fondation, illustré par quelques images ci-après, bien sûr très loin de refléter toute la créativité que déploient les professionnels au quotidien) et des besoins ou idées (sur lesquels nous pourrons travailler) dans nos 4 champs d’intervention. Par la suite, un même état des lieux sera réalisé sur les parcours personnes âgées, enfance et handicaps psychiques à partir d’octobre.

En parallèle, nous avons rencontré les professionnels transversaux (entre autres SESIP, psychologues, psychomotriciens, médecins, kinésithérapeutes, pasteurs,…) avec qui nous serons amenés à collaborer. Par ailleurs, nous avons commencé à intervenir dans des démarches de projets personnalisés (en proposant nos expertises dans le cadre de réunions cliniques ou d’échanges avec les équipes) et sur des thématiques transversales, sur sollicitation des établissements rencontrés.

 

Le champ de la communication

Dans le champ de la communication, les attentes sont nombreuses pour faciliter la compréhension ainsi que l’expression de patients et résidents. Nous avons contribué à des démarches d’évaluation en faisant passer à quelques personnes un test standardisé, le comvoor, pour évaluer la forme de communication et le niveau de compréhension afin de pouvoir ensuite leur proposer des aides adaptées. Des mini-formations pratiques pour sensibiliser les équipes à la communication réceptive des personnes avec autisme ont été données dans plusieurs établissements.

 

A Château-Rivière, le menu en images est rendu plus compréhensible aux résidents A la cafétéria du Bourg d’Abren, les résidents peuvent exprimer leur choix de boisson à l’aide d’objets concrets A l’atelier Gypsophile, différentes aides visuelles permettent aux patients et résidents de mieux se repérer dans le temps

 

Nous avons rencontré des fournisseurs notamment de logiciels de communication avec synthèse vocale et d’accès à l’informatique (contacteurs, poursuite oculaire…) afin de préciser l’achat de matériel technique qui sera disponible au Labo : nous pourrons en effet y recevoir personnes accueillies et professionnels pour tester, adapter et personnaliser du matériel répondant aux besoins, par exemple avant de lancer une demande MDPH. En attendant d’être entièrement équipés, des projets de mise en place de synthèses vocales avancent avec notre soutien. Et nous commençons à afficher au Labo divers outils papier (séquentiels d’action, aides au repérage spatial, emplois du temps, posters de communication, planches de communication en contexte…) afin de donner des idées aux professionnels qui viendront nous visiter.

 

Le champ de l’autonomie

Dans le champ de l’autonomie, plusieurs sujets de réflexion ressortent : mise en place de séquentiels d’action pour faciliter la réalisation d’une activité en autonomie (ex. mise du couvert, lavage de mains, activité couture,…), réalisation de supports personnalisés en impression 3D (ex. guide-paille, support repas,…), gestion des intrusions dans les chambres, aide au déplacement sur les pavillons et sur le Site de la Vallée de la Dordogne… Ces sujets nourrissent notre activité de veille scientifique et technologique : l’enjeu est de savoir ce qui existe, a été validé et dans quel cadre, afin de pouvoir proposer des outils pertinents. C’est pour cela que nous avons participé au salon Autonomic, riche en prises de contacts (Kerpape, Now Technologies, Virtuoz, HandiMélo…) que nous allons approfondir. Nous serons en effet amenés à tisser des liens avec des partenaires extérieurs, acteurs de l’innovation ou de la santé et du médico-social.

Nos premières interventions dans ce champ ont concerné des télécommandes pour le contrôle de l’environnement de la chambre (nous en aurons aussi en test au Labo), et de l’observation sur pavillon et à domicile pour d’éventuelles aides techniques à l’autonomie de déplacement : les établissements précédents ainsi que le domicile sont en effet riches d’enseignements sur des outils fonctionnels pour les patients et résidents que nous accueillons par la suite ou de façon temporaire.

 

A Béthel, les résidents sont invités à prendre part à la vie du pavillon, les diverses tâches (ex. balayer, ranger la vaisselle…) étant explicitement indiquées et réparties entre eux Un contacteur réalisé à l’aide d’une imprimante 3D à l’atelier communication de Pénuel pourra par exemple permettre à une personne avec des difficultés motrices d’avoir accès à une tablette

 

Le champ de l’apprentissage

Les apprentissages sont possibles à tout âge de la vie, et le Labo privilégiera pour cela des approches ludiques tels que des jeux personnalisés et adaptés (ex. programme TEACCH avec des guidances visuelles), des serious games (jeux vidéos visant l’apprentissage de compétences motrices, cognitives, sociales…), ou des robots comme supports pédagogiques. Là aussi, le Labo sera un lieu de ressources pour tester des jeux adaptés visant à l’acquisition de certaines compétences. Même l’apprentissage aux outils de communication par exemple pourra y être travaillé de façon ludique, motivante.

D’autres sujets sont récurrents : la question de l’accès aux soins qui pourra être travaillée par des stratégies d’habituation et de prévisibilité, ou encore la place de la remédiation cognitive (visant à soutenir des capacités cognitives spécifiques affaiblies ou à apprendre des stratégies compensatoires). Dans ce domaine nous rencontrons une société à la rentrée proposant une solution de remédiation cognitive par réalité virtuelle.

 

Une résidente et un membre de sa famille testent au Labo une poursuite oculaire dans le cadre d’un jeu. Ce 1er essai nous permet d’évaluer la pertinence pour elle d’un accès à une synthèse vocale par poursuite oculaire

 

Le champ de la santé

Dans le champ de la santé, l’épilepsie est un sujet majeur de par sa prévalence et nous avons entamé une veille technologique sur le sujet, entre autres sur du matériel pouvant faciliter l’examen, le diagnostic ou encore la détection de crises. Plus généralement, tous les outils facilitant la prise de constantes médicales de façon non invasive, portative, rapide et fiable sont regardés, un travail en commun avec un partenaire extérieur potentiel, l’institut de médecine et de physiologie spatiale à Toulouse étant par exemple envisagé.

La problématique de la détection de la douleur chez les personnes dyscommunicantes et de son soulagement est aussi centrale. Nous avons ainsi accueilli au Labo la start-up Deepsen pour tester une solution d’hypnose médicale par réalité virtuelle et envisager des co-développements possibles avec la Fondation, en discussion avec le comité de lutte contre la douleur. Par ailleurs, des réflexions continuent avec les psychomotriciens sur le matériel sensoriel qu’il serait intéressant de pouvoir tester au Labo (couvertures lestées, gilets, machine à serrer…), sujets sur lesquels des pavillons nous ont déjà sollicités.

 

Séance d’hypnose par réalité virtuelle au Labo : test du produit d’une start-up avec qui nous pourrions travailler sur la gestion de la douleur et de l’anxiété

 

Nous croyons qu’au-delà des outils, pour lesquels nous nous efforcerons de connaître tout le panel possible (des plus simples techniquement à ceux faisant appel aux nouvelles technologies), le plus important est la démarche dans laquelle ils sont mis en place : celle-ci doit partir d’évaluations fonctionnelles pluriprofessionnelles complétées par les observations « de terrain », s’inscrire dans le projet personnalisé, associer le patient ou résident et son entourage, inclure une phase d’apprentissage à l’utilisation de l’outil et une évaluation régulière pour le réajuster au fil du temps.


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